Interview de M. Jeanneret


 

Jean-Daniel Jeanneret est un architecte diplômé de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Il a également eu une post-formation au Centre des hautes études d'histoire et de conservation des monuments anciens à Paris.

En poste au Service de l'Urbanisme depuis 1995, M. Jeanneret est architecte du patrimoine (en quelque sorte, conservateur des monuments historiques de la ville) et s'occupe de tout ce qui est lié à la gestion du patrimoine immobilier et historique de la ville de La Chaux-de-Fonds.

 

Pourquoi La Chaux-de-Fonds a-t-elle été construite en damier?

Au départ, La Chaux-de-Fonds était un petit village. Ensuite, au XIXème siècle, une forte poussée démographique fait passer la ville de 4'000 à 40'000 habitants. En 1830, l'autorité cantonale demande alors à la Ville de se doter d'un plan d'urbanisme qui sera confié à l'ingénieur Charles-Henri Junod (pour voir ce plan, cliquez ici). Il dessinera le plan octogonal qui est appliqué aujourd'hui.

Et puis quand on dessine quelque chose, surtout au XIXème, on le dessine de manière régulière. Il y a encore d'autres raisons, mais celle-ci est la principale.

 

D'où provient l'argent nécessaire à la construction d'un bâtiment?

Il provient d'un propriétaire: un bâtiment, c'est quelque chose qui rapporte de l'argent. Il est construit soit par un pouvoir (une fonction) public(que) qui investira dans un poste de police, une caserne de pompier et des bâtiments administratifs qui par définition ne rapporte pas de produits financiers mais qui sont nécessaires à la bonne marche de la collectivité publique, soit par par un privé qui investira dans d'autres bâtiments tels les bâtiments de rapports (comme un bâtiment d'habitation qui rapportera de l'argent grâce au loyer payé par le locataire et dans lequel il faut investir un montant de base) ou les bâtiments d'amateurs (qui sont liés à l'habitat directe de la personne qui a investi dans celui-ci, comme les villas).

 

Qui propose la construction d'un bâtiment?

C'est aussi le propriétaire, celui qui va investir dans ce bâtiment.

 

Comment choisit-on la couleur d'une façade?

Le règlement spécifie que la couleur de façade doit être en harmonie avec l'environnement qui l'entoure et le bâtiment lui-même.

Le propriétaire qui veut repeindre sa façade doit nous contacter afin que l'on discute avec lui pour trouver une couleur qui soit en harmonie avec l'ensemble.

Nous n'imposons pas de couleur, toutes les couleurs sont possibles, mais il faut savoir que pour le vert (par exemple), il y a une multitude de tons possibles, tout comme le rose, le rouge,etc. C'est dans la nuance de la couleur que l'on essaie de travailler. Il faut aussi savoir que si l'on choisit une couleur, ce n'est pas seulement une question de choix, car il y a aussi des contraintes techniques liées à la couleur. Par exemple, une façade violette pétante, c'est très joli sur le prospectus du vendeur de peinture mais après, ça part très vite parce que la couleur ne tient pas.

Le Service de l'Urbanisme est aussi là pour conseiller les gens, pour éviter qu'ils soient ensuite déçus de leur façade trois ans après l'avoir refaite parce que la couleur est devenue délavée.

C'est devenu extrêmement difficile de choisir une couleur de façade si on n'en a pas l'expérience.

Si vous choisissez la couleur sur 3cm2 pour ensuite la mettre sur 400m2, ce n'est pas du tout le même résultat. En plus, ce n'est pas vraiment les mêmes produits qui sont appliqués dans un cas et dans l'autre, ce qui fait que entre ce que vous vous imaginez et la réalité, il y a une grande différence!

Vous voulez une façade jaune pâle et vous vous retrouvez avec une façade jaune citron sans avoir compris ce qui vous arrivait.

Il faut donc nous contacter non seulement pour préserver l'intérêt de la collectivité publique mais aussi pour faire bénéficier le propriétaire de l'expérience de quelqu'un qui fait cela depuis de nombreuses années et qui sait très bien qu'en choisissant telle couleur on obtiendra tel résultat.

 

Comment aménage-t-on une zone à vitesse limitée?

Une zone à vitesse limitée est signalée par une signalisation ad-hoc ou éventuellement par des aménagements urbains comme des chicanes, des parterres, des revêtements de sol, etc, qui sont théoriquement applicables mais qui ne le sont pas forcément sur le terrain. C'est vraiment du cas par cas.

Ils coûtent relativement chers, sont difficiles à l'entretien et peuvent poser des problèmes lors du déneigement.

 

Quels sont les projets de la Ville?

La ville n'a pas spécialement de projets mise à part le projet d'aménagement de la zone de rencontre sur le Pod (pour plus d'informations, cliquez ici).

 

Pourquoi ne trouve-t-on que très rarement des numéros sur les bâtiments dans les rues qui montent (nord-sud)?

c'est parce qu'en fait, ce sont des rues de distribution alors que les « vraies» rues sur lesquelles s'appuient les bâtiments sont les rues transversales ou à peu près. Dans les règlements anciens, tous les bâtiments devaient s'appuyer sur un alignement (= limite que le bâtiment ne peut pas dépasser parce qu'il empiète sur la voie publique et ne peut pas être en retrait pour des questions d'esthétique). Donc ils étaient toujours aligné sur ces lignes-là. Et puis, c'est forcément sur ces rues longitudinales qu'il y a les entrées et où se situent les numéros.

 

A partir de quand un bâtiment peut-il être classé «monument historique»?

Ce n'est pas lié à une date mais à une qualité historique ou architecturale. Le bâtiment le plus récent qui ait été classé date de 1900 et a été inauguré en 1972.

Il y a des bâtiments beaucoup plus vieux qui n'ont pas été classés.

 

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