Coffrane au fil du temps
Pour compléter notre évocation du temps passé, nous vous proposons quelques anecdotes glanées au détour des souvenirs des Anciens du village.
Elles constituent des petites illustrations - sans prétention de véracité historique - du développement de notre village du début des années 1900 à nos jours.

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Bienvenue à Coffrane en 1902


Pour commencer, voici un extrait d'un document datant de 1902:

Le village de Coffrane est uniquement agricole: c'est son attrait et son charme; il fournit aussi, dit-on, une forte proportion d'instituteurs; d'où cette plaisanterie:
"A Coffrane, quand on donne un coup de pied contre un tas de fumier, il en sort un régent".

Il peut aussi sortir de Coffrane des pasteurs, tel l'éminent théologien Gretillat.

Neuchâtel pittoresque, Ph. Godet et T. Combe, 1902

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Rue de Coffrane

Nous comptons sur les habitants du village pour alimenter cette évocation au fil du temps et vous souhaitons beaucoup de plaisir lors de votre visite.

Sommaire, mars 2001

Les bistrots La lessive Questions de prix
Les magasins Les paysans L'hiver
L’église Les gravières Les voitures

 


 

 

Les bistrots
Vers 1920, le Restaurant du Soleil ferme. Situé au centre du village, sa tenancière avait des pratiques étonnantes: on raconte qu’elle dévalisait ses clients saouls dans la fourragère de l’établissement !

Coffrane compta longtemps deux bistrots: Le Lion d'Or et La Couronne. Ces deux bistrots jouaient un rôle dans l'organisation politique du village: Le Lion d’Or était le repaire des libéraux (droite) alors que La Couronne recevait plutôt les radicaux (centre). Il en était de même avec les fanfares: L’Espérance était libérale alors que L’Harmonie était radicale.

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Actuellement, les habitants se retrouvent dans l'unique restaurant du village, La Couronne.

La lessive
Dans les années 30, on lavait son linge une fois par mois à la lessiverie et ce travail se faisait en famille… on lavait son linge sale en le frottant sur une planche pourvue d’un "porte-savon" autour du bassin de la fontaine. C’est aussi là que l’on rinçait les tissus avec du "bleu": quelques gouttes de bleu de méthylène dilueés dans l'eau de rinçage pour rendre le linge plus blanc.

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Le travail de dégrossissage avait lieu en principe à domicile, puis les familles apportaient du bois pour alimenter les deux chaudières qui servaient à cuire le linge. Certains effets n’étaient lavés que deux fois l’an, au printemps et en automne.

Questions de prix
En 1932, le prix du litre de lait était de 20 centimes. Un ouvrier du Prélet (fabrique de montres située au Genevey-sur-Coffrane) gagnait 70 centimes par heur. Pendant la MOB (mobilisation générale lors de la guerre de 39-45), les cigares se payaient 45 centimes et à cette époque, le chœur mixte possédait 3 pianos.

Les magasins
Toujours en 1932, le village comptait 2 magasins d'alimentation générale, une boucherie et  "La Pension des Lilas", sise dans la maison aux volets à chevrons. On pouvait même faire réparer son vélo chez le P’tit Jules.

Les paysans
La laiterie était commune aux villages de Coffrane et des Geneveys-sur-Coffrane. Elle était construite au milieu des champs entre les deux villages. Le fromage était donc fait de "lait d’en-haut et d'en-bas".

En 1948, quarante-trois paysans coulaient leur lait à la laiterie. Actuellement, il n'y a plus de laiterie à Coffrane et il ne reste que huit   producteurs de lait. Ils sont équipés d'une citerne qu'un camion vient   vider chaque jour.

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Ferme Schedel, Coffrane, 1908

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La fenaison: la pluie s'annonce,
nous faisons des tas.

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Pendant les vacances, les enfants gardent les vaches de
8 heures à 17 heures. Ensuite, il faut rentrer pour la traite.

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                                                                            Le chargement du foin

Comparaison "L'agriculture hier et aujourd'hui", travail réalisé par les élèves de l'école primaire.

L'hiver
Dans les années 40, on passait le "triangle" pour déneiger les routes. Le triangle de l’Etat était tiré par dix chevaux tandis que le triangle communal n'était tiré que par deux chevaux. Les paysans le passaient  le matin après avoir trait le bétail. Le triangle ne pouvait pas déblayer la neige en profondeur car des véhicules matinaux avaient déjà tassé la neige. Il n’y avait d’autre part ni sel ni sable. A cette époque, on pouvait faire le tour du Val-de-Ruz en traîneau.

Le village de Coffrane a même été isolé pendant trois jours. Tant à l'Ouest (vers Montmollin) qu'à l'Est (vers Boudevilliers), les routes étaient coupées en raison des chutes de neige importantes et du fort vent qui soufflait. Les hautes congères qui se formaient empêchaient tout trafic.
Pour dégager la chaussée, quatre-vingt pelleteurs ont travaillé dur pendant plusieurs heures.

Pourtant, tous les hivers n'étaient pas aussi rudes et l'on se souvient également d'un Sylvestre sans neige.

L’église
Coffrane faisait partie de la Communauté du Prieuré de Corcelles (1700). Il existait même "un sentier du pasteur" qui permettait à ce dernier de relier les deux villages.

Dans les deux ans qui suivirent l'incendie du village en 1841, la Chaire fut rapidement reconstruite. Elle a été payée par le pasteur Perret. Reconnaissante, la Paroisse lui a élevé un monument au cimetière. Dommage qu’il ait fini au fond d’une gravière !

En 1932, on rénove l’intérieur de l’église. Les orgues sont installées ainsi que le chauffage central. Les bois chantournés de la barrière de la galerie sont enlevés et remplacés par du bois croisé…sans plus aucune valeur artistique. Les bois chantournés auront pourtant une deuxième vie puisqu’ils feront des palettes (raquettes) très appréciées des enfants pour jouer avec des balles.

A l'époque, on comptait même deux églises: l’une indépendante (située dans les locaux de l'actuelle cure) dont le pasteur était payé par les fidèles de la Paroisse; et l’autre nationale, à charge de l’Etat (temple). Les églises s’étaient séparées suite à l’introduction de "la libre pensée du haut de la chaire". En 1943, les deux églises ont fusionné. Pour d'autres informations, vous pouvez lire l'Historique de la Paroisse de Coffrane.

En 1957, des  vitraux ont été commandés à M. Raymond Perrenoud. Il a aussi rénové les peintures de Charles l’Eplattenier en 1970. Elles avaient été endommagées par des échafaudages posés dans le but de repeindre la plafond de l’édifice!

Les gravières
Le village de Coffrane est bâti sur une couche de douze mètres de sable et de graviers; raison pour laquelle le village est entouré de plusieurs gravières. Dans le temps, chaque paysan avait sa propre gravière.
Les graviers de Coffrane furent utilisés lors de la construction des nouveaux quartiers de la ville de La Chaux-de-Fonds.  Le plan des alignements de 1841 fut réalisé par M. Charles-Henri Junod, inspecteur des Ponts et chaussées. La construction des bâtiments sur ce plan orthogonal ou "à l'américaine" se termina au tournant du siècle (1890 - 1905) lorsque tout le cadre prévu  fut rempli.
Pendant un demi-siècle, de 1850 à 1900, les graviers de Coffrane étaient transportés à la Chaux-de-Fonds dans des tombereaux tirés par des mulets (c
aisses montées sur deux roues, servant à transporter des matériaux et qu'on décharge en la faisant basculer) par la route du col de la Vue-des-Alpes.

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Texte encadré:

De Coffrane riche est la plaine,
Vergers, prés gras, plantureux champs,
Et puis chacun sait qu'elle est pleine
D'un fameux sable par dedans.

Oscar Hugenin, 1842-1903
Instituteur, conteur et illustrateur


Le village comptait aussi de nombreux puits qui ont été comblés depuis sans arrière-pensée...

Les voitures
En 1932, il y avait  deux voitures au village. L’une d’elles était propriété d’un certain Monsieur Jeanneret qui transportait les habitants en ville ou assurait le service de taxi pour les femmes enceintes… alors que la plupart des enfants naissaient dans les maisons.


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