L'incendie de Coffrane 

Le 29 juillet 1841, un terrible incendie détruisit une grande partie du village de Coffrane. Le feu s'était manifesté entre 10 et 11 heures dans le grenier à foin du Lion-d'Or, une auberge du village "par un vent du nord-ouest excessivement violent". En trois heures, le temple ainsi que vingt-six des soixante-six maisons étaient la proie des flammes. Les maisons étaient toutes d'un étage, bâties en pierre et en bois sous un toit de bardeaux. Elles contenaient des habitations, des granges et des écuries. Seul le temple était couvert de tuiles et son clocher d'ardoises.

 

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Témoignages

Monsieur Gretillat, 68 ans, n'avait rien aperçu d'anormal vers dix heures dans l'auberge du village. Il était parti creuser une tombe au cimetière et avait vu de la fumée monter par-dessus le toit du temple. Voyant que cette fumée sortait de l'auberge, il s'était précipité dans le temple pour donner l'alarme en sonnant les cloches.

Dans la salle de l'auberge, Monsieur l'Epée, 37ans, avait entendu la servante crier "Eh! Mon Dieu, il y a le feu là-haut!". Il avait vu des flammes "par les joints d' un trapon, au haut de l'escalier" menant au galetas. Avec un autre consommateur, il se rendit à la pompe à feu pour donner l'alarme. Il était entre 10 heures 30 et 11 heures quand une dame, parlant du fort vent et de la poussière avec sa nièce, avait vu de la fumée puis des flammes sortir du toit du côté d’où souffle la bise.

En définitive, toutes les constructions proches du carrefour du centre du village et du temple brûlèrent. On alla jusqu’à arroser une maison basse de purin pour la protéger et à recouvrir des toits d'herbe fraîche!
La cure, la buanderie et l’Auberge du Soleil échappèrent au désastre.

 

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Un faux coupable

Un ancien maréchal-ferrant de la forge communale fut mis en prison à tort pendant plusieurs années car on le croyait coupable d'avoir mis le feu à l'auberge. Ce n'est que tardivement et sur son lit de mort, que le vrai coupable finit par avouer son crime. Acculé par de mauvaises affaires, ce locataire de l'auberge avait allumé des copeaux de bois sous le toit du Lion d'Or, puis était descendu à Neuchâtel pour se créer un alibi parfaitement efficace !

Conclusion 

Par chance l'incendie ne causa pas de mort d'hommes. De jour, l'alarme fonctionna bien dans le village d'où l'on s'éloignait peu pour les travaux des champs. Les secours rapides et massifs venus de l'extérieur témoignent de l'esprit de solidarité de l'époque contre un incendie attisé par un vent violent.

 

Lexique

Trapon

Panneau qui ferme une ouverture pratiquée au niveau du sol ou d'un plancher et qui se lève ou se baisse à volonté.

Galetas

Local de débarras dans les combles d'un bâtiment.

Purin 

Urine d’origine animale, qui s'écoule du fumier, utilisée comme engrais.

Maréchal-ferrant 

Artisan qui ferre les chevaux

Forge

Atelier où l'on travaille les métaux au feu et au marteau sur l'enclume.

Acculer

Mettre dans l'impossibilité de se soustraire à une situation fâcheuse

Copeaux 

Parcelles de bois, de métal, etc., enlevées avec un instrument tranchant, rabot notamment.

Alibi

Moyen de défense par lequel un suspect, un accusé prouve sa présence, au moment d'un crime, d'un délit, en un autre lieu que celui où ils ont été commis.  

 

Source : MUSEE NEUCHATELOIS, année 96, divers auteurs
Réalisation: école primaire de Coffrane, juin 1999