Chers élèves, chers collègues, Ayant lu sur votre site le parcours de votre approche du monde des malvoyants, je tiens à vous féliciter pour cette ouverture et pour votre travail.Cette lecture ma passionnée et ma remis en mémoire une période de vie particulièredune classe de quatrième année du collège des Geneveys s/ Coffrane, il y a presque dix ans.
Souhaitant vous intéresser, je vous la raconte ici, car cest une histoire de chien-guide que je trouve très belle : au mois de mai, alors que jétais maîtresse dappui dans cette classe, jai été victime dun grave accident de la route.
Dun jour à lautre, il a donc fallu trouver quelquun pour le remplacement. La commission scolaire a fait appel à une enseignante qui connaissait déjà la classe pour y avoir travailler régulièrement un après-midi par semaine. Cette solution était idéale car la vie de la classe était agitée et ainsi le temps de faire connaissance était épargné.
Malheureusement, elle ne pouvait pas accepter une telle contrainte car elle venait justement daccueillir en avril un petit chiot Labrador dune merveilleuse couleur miel. Ce petit chien venait pour vivre avec la famille et être éduquer par elle dans le but dentrer un an plus tard à lécole de chien pour aveugle à Allschwil près de Bâle.
Ce chiot destiné à être chien-guide devait être toujours en compagnie et ne pouvait pas être laissé seul, quelques heures à la maison, chaque matin. Sa nouvelle maîtresse devait donc renoncer à ce remplacement dans cette classe.
Cependant, la commission scolaire, ne trouvant personne dautre de disponible revint avec sa demande , en précisant cette fois quun accord spécial était donné pour que le chiot nommé " Shiro " participe tous les matin aux cours.
Cest ainsi que Shiro commença lécole directement en quatrième année, à lâge de quatre mois... à condition bien évidemment de ne pas déranger la classe et de ne pas y être dérangé ou excité ou agacé puisque chacun devait y être éduqué bien spécialement et enseigné en priorité.
Cest donc ici que lhistoire prend la forme dun conte de fée...
En effet, les enfants les plus turbulents et les plus difficiles à cadrer, ceux qui dépassaient très facilement les limites à respecter et qui perturbaient les apprentissages, ont totalement changé de rôle et sont devenus des maîtres attentionnés, prévenants et attentifs au bien-être et au calme de leur petit chiot protégé ! ! !
Le changement opéré était remarquable et les enfants, calmes dhabitude, ne paraissaient pas les plus efficaces dans les efforts à faire ou encore les plus passionnés par cette aventure hors de lordinaire pour une vie de classe.
Ces petits anges ,ont vu leur ami chien grandir dans une maison proche de lécole.
14 mois après son arrivée au village
Shiro bien élevé, prenait le départ pour être en formation à lécole de guide près de Bâle !
Les cours et sa nouvelle vie allaient, dès ce moment-là,
être vécus en langue allemande ! !Après une bonne école, dès quil donna les preuves davoir atteint tous les objectifs nécessaires de cet enseignement particulièrement exigeant, Shiro a été confié à une femme dune quarantaine dannées aveugle, qui habitait Lucerne.
ou plutôt
Shiro était maintenant formé pour quune personne aveugle
lui soit confiée en toute sécuriltéCette femme et Shiro ont toujours gardé de bons contacts avec la famille des Geneveys-sur-Coffrane. Ensemble, ils sont revenus pour des vacances. En leur compagnie, ils ont fait des voyages à létranger, par exemple en Allemagne .
Avec elle, Shiro retournait à lécole puisque cette femme accordait du temps aux enfants des écoles secondaires. Elle allait avec lui leur parler de ce terrible handicap quelle et tant dautres vivent. Il a donc rencontré souvent des élèves plus agés.
Que de souvenirs !Sans doute, Shiro, garde-t-il également de bons souvenirs
de ses petits amis écoliers francophones ?Depuis, le temps a passé. Pour cette raison, nous pouvons choisir dévoquer cette période de vie commune par cette photo prise en classe.
Shiro a vécu un accident également,en jouant avec un autre chien, il sest cassé une vertèbre. Suite à cela, il nest plus avec sa compagne.
Plus lentement, avec moins de responsabilités, il vit une retraite bien méritée dans une famille du canton de Bern, toujours en Suisse allemande. Peut-être a-t-il encore loccasion dentendre parler le français parfois ? !
Dautres chiens ont suivi sa trace dans la famille d'accueil. A cinq reprises, chaque membre de la famille a accepté de se détacher dun chien bien qui avait bien appris et qui était bien aimé
Ainsi, chaque chien peut suivre lécole et si possible être au service de malvoyants aimables, confiants et aimants.
Ce récit , jaimerais le terminer en vous disant que ma fille émerveillée par tout cela ma emmenée visiter lécole pour chiens daveugle dAllschwil. Cest étonnant et passionnant !
Et voici encore une petite histoire vécue en ce mois de janvier 02
En ville de Neuchâtel, à la rue du Seyon entre le parc couvert et la place Pury, j'ai vu un chien-guide. Il était affolé et agité, il aboyait. La femme qui le suivait avec sa canne blanche me paraissait calme et patiente.
Le chien refusait d'avancer, il bloquait derrière une énorme vache décorative que vous connaissez peut-être, placée devant une laiterie. Peut-être même qu'une bonne odeur de lait sortait par la porte de la laiterie !
M'adressant à la femme qui me semblait en difficulté, je lui proposai de lui expliquer la situation.
Elle me remercia chaleureusement en me disant: " Je ne suis qu'une monitrice qui fait découvrir ce parcours à mon élève. Je vois donc l'obstacle. Merci encore beaucoup !Bien à vous.
Franciane Vuille