Interview de M. Burgat

Par Marc Burgat

 

Le Val-de-Ruz est l'un des derniers lieux de vie de l'Azuré des paluds dans le Jura central (cliquer sur l'image pour l'agrandir).

azure-des-paluds.JPG

 

Sur une carte topographique datant de 1877, on trouve déjà un lieu-dit "La sablière" entre Coffrane et Bottes. Aujourd'hui encore, on exploite le sous-sol à cet endroit. Les fouilles ont été souvent déplacées, laissant derrières elles de gros trous. L'un de ces trous a été creusé entre 1968 -1969. Vidé de son contenu, il est resté tel quel se remplissant peu à peu d'eau. La ligue neuchâteloise pour la protection de la nature a commencé d'acquérir quelques parcelles au sud de la sablière. Trois ans plus tard, l'étang de Paulière était né.

 

Début 1968, suite à la malheureuse affaire du remblayage du Fer à Cheval, dernier méandre naturel de l’Areuse, j’ai été chargé de réunir en un tableau une série de relevés établis par les différentes sections du Club Jurassien et concernant principalement les zones humides à conserver dans le canton.

    Le Marais Rouge du Bois du Clos (ou Soucloux ou à Suclos).

Eric Berthoud, écrivain, a publié chez Messeiller à Neuchâtel en 1978 un récit de souvenirs autographe, intitulé ‘’Bois de Soucloux’’, bois qu’il voyait en passant ses vacances à Boudevillers au domaine Berthoud-Coulon.

A partir de ce document, encore incomplet, les instituts de botanique et de zoologie de l’Université de Neuchâtel se livrèrent à un inventaire visant à choisir les biotopes les plus dignes d’être protégés.

Dans le rapport du Conseil d’Etat au Grand Conseil du 7 octobre 1969, 24 biotopes sont retenus, parmis lesquels le Marais Rouge. Une note scientifique signale qu’il y aurait intérêt d’y creuser un étang.

Le 19 novembre 1969, le Grand Conseil accepte le décret concernant la protection des biotopes.
L’idée du creusage de l’étang peut donc passer du rêve à la réalité.

    Mais qui se chargera du travail ?

Le 21 janvier 1970, lors d’une entrevue, le Conseiller d’Etat C. Grosjean accepte, sous réserve de l’accord du propriétaire du terrain, de faire creuser un étang de 80 m2 aux frais du Département des travaux publics afin de marquer concrètement l’Année de la Nature.

En automne 1970, la forme du futur étang est déterminée sur le terrain et les plans de creusage sont établis. Malheureusement, la surface est passé de 80 m2 à 300 m2 alors que l’Etat se tient aux 80 m2 primitivement projetés !

    Que faire ?

Une brève rencontre, le 14 décembre 1970 avec Monsieur H. Marti, directeur de l’entreprise chargée du creusage, résoud le problème : à titre de contributions aux actions entreprises en 1970 pour la Nature, il accepte de terminer gratuitement le travail.

Le 14 décembre 1970 également, me parvient une autre bonne nouvelle :
la section neuchâteloise du Heimatschutz a décidé l’achat de la parcelle entourant l’étang (7000 m2).

Enfin, le 4 janvier 1971, les machines entrent en action et deux jours plus tard, tout est terminé avec un minimum de dégâts.

 

 

D’une profondeur de deux mètres au centre, l’étang se remplit rapidement, grâce à un drain cassé lors du creusage. Aucun apport d’eau supplémentaire du ruisseau n’est nécessaire et l’été 71, pourtant très sec, a montré que le niveau était remarquablement constant.

 

 

Dès la première année, grenouilles rousses et crapauds communs y ont pondu abondamment et leur nombre a considérablement en 1972.

En 1980, 315 m2 achetés à 2.- francs le m2 complète les 6911 m2 achetés à 1.- franc.

En 2000, suite aux améliorations foncières, 3996 m2 viennent enrichir le biotope qui recouvre actuellement 11222 m2.

Cette nouvelle parcelle, riche en Sanguisorbe officinale est particulièrement favorable à un petit papillon devenu rarissime: l'Azuré des paluds (fiche descriptive) dépendant strictement de cette plante-hôte et de la présence de fourmis rouges.

Le Val-de-Ruz abrite l'une des dernières population d'Azuré des paluds du Jura central.
(Retrouvez ce papillon photographié en Hollande).

 

Cet étang est pour moi, un exemple de ce que peut réaliser un ensemble de bonnes volontés.

 

 

 

Informations pratiques

Situation:

      L'étang de Paulière et le Bois-du-Clos se trouvent sur le territoire des commune de Coffrane et de Boudevilliers.

Accès:

      A pied, de Valangin ou Boudevilliers.
      Par bus des transpots publics, ligne Cernier - Boudevilliers -
      Les Geneveys-sur-Coffrane.
      Par le train depuis la gare des Geneveys-sur-Coffrane.
      En voiture, à proximité de la route de Valangin à Coffrane.

Description:

      Le Bois du Clos:

      Indépendamment du bois lui-même, une prairie à molinies qui est le seul bas-marais subsistant dans le canton.

      Plantes typiques du Molinion (prairie humide maigre): Cirses, Reines-des-Prés etc.
      Type d'association à conserver absolument !


      Cirse


      Reines-des-prés

      Seuls vestiges de la forêt de feuillus qui recouvraient autrefois les parties humides du Val-de-Ruz. Microfaune (ensemble des petits animaux) et avifaune (partie de la faune constituée par les oiseaux) intéressante.
       

      La Paulière (plan du site):

      Nombreux étangs de surfaces variables dont certains s'assèchent en période estivale. Flore et faune typiques des anciennes sablières: triton alpestre, grenouille rousse et verte, crapaud commun et accoucheur. Au plan de l'avifaune, la région est particulièrement intéressante au moment des migrations (martin-pêcheur, chevalier guignettes, petit-gravelot, bécassine, héron cendré, etc.). L'hirondelle des rivages nichait dans les bancs de sable jusqu'en 1970. Pour voir ces oiseaux

 


"Les grenouilles de Paulière"



"Interview de M. Burgat"
 

Ecole de Coffrane, avril 03