Et l’allemand devient réalité…

Description d’une activité de correspondance entre une classe de Suisse romande et une classe de Suisse allemande.

Les Suisses allemands : classe de 5ème – 6ème années, 23 élèves, 2 ans de pratique de
la langue 2, un enseignant.
Situation géographique : village près d’une grande ville, au bord d’un lac.

Les Romands : classe de 4ème – 5ème années primaires, 16 élèves, 1 à 2 ans de pratique de la langue 2, une enseignante.
Situation géographique : petit village de la campagne neuchâteloise.


Au commencement…

De nouvelles compétences...


 

 

Au commencement…

Tout a commencé lors des Netdays 2001 : nous avons reçu un message d’une école suisse allemande qui lance un concours : ils sont à la recherche de la meilleure classe de correspondants potentiels en Suisse romande.

Nous répondons à ce message en présentant notre classe et notre école. Chaque enfant envoie également un message en allemand où il se présente (ich heisse, ich bin … Jahre alt, ich wohne in, ich gehe in die … Klasse in Coffrane).

Le contact est établi.

Et l’aventure prend son vol…

Notre collègue alémanique nous répond et nous dit que nous allons recevoir du courrier.
Chaque enfant reçoit un ou deux messages en français écrit(s) par nos correspondants:

Salut Saranda,

Je m ´appelle Manuela. J‘ai 10 ans et je visite la cinquième classe. Une autre jeune fille de ma classe t'écrit aussi. J´aime aussi les chevaux et je monte à cheval. J´aime nager à la piscine et au lac. C´est très gentil de nous avoir écrit une lettre. Salutations

Manuela St.

Salut Saranda,

Je m'appelle Alessa, et j'ai onze ans. J'habite à Greppen depuis Juillet
2001. Les deux années passées ou vivait à Bruxelles. Moi, j'habite un très joli village au bord du lac, de quatre contons. Notre maison est située juste au bord du lac. Je suis à la 6éme classe .
A l'école j'aime bien l'allemand et aussi le français. Mes hobbies sont : jouer au tennis, et faire du cheval, et aussi faire du snowboard. Si nous pouvions nous voir un jour ça me ferait plaisir.

Réponds moi s'il te plaît ! Beaucoup des salutations.
Alessa


Puis, nous recevons de longues lettres manuscrites en allemand que les enfants prennent à la maison durant les vacances de Noël.
Nous les remercions pour leur courrier et leur souhaitons de bonnes fêtes en allemand (Einheit 2, Kapitel 8) par carte postale électronique.


Für Carlina. Hello Carlina, Vielen Dank für deinen Brief, es hat mich sehr gefreut !
Ich wünsche dir frohe Freittage und einen guten Rutsch ! Crystel

A la rentrée, à deux exceptions près, tous ont lu et compris les lettres ou la plus grande partie de celles-ci. Pour ce faire, ils se sont faits aider par leurs parents ou leurs grands frères et sœurs.

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Le memory

Nous faisons des photos de chacun des enfants et écrivons un texte descriptif. Les photos et les textes sont envoyés par Internet. Ces documents constituent un memory en français à réaliser par nos correspondants.

Chaque enfant écrit – en français – un résumé présentant son ou ses correspondant(s). L’aide de l’adulte est limitée au maximum. Chacun traduit sa/ses lettre/s à l’aide du dictionnaire. (A noter qu’une élève écrit 2 pages A4 de texte dont la moitié à la maison durant son temps libre !)

Les textes sont ensuite écrits à l’ordinateur puis imprimés… nous attendons les photos de nos correspondants pour les afficher en classe.

Entre-temps, nos portraits de même que nos textes ornent déjà la classe alémanique.

Et si l’on se rencontrait pour de vrai ?

Les enseignants commencent à planifier des rencontres : l’une ici au mois de mai lors de la semaine verte des enfants de Suisse allemande, l’autre chez eux lorsque nous ferons une course d’école de deux jours.

Memory bis…

Nous recevons également un memory avec les portraits des correspondants.

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Le memory est résolu sous forme de concours : les élèves sont par groupes de 3 ou 4 et ont pour tâche de lire et de comprendre les textes en allemand afin de trouver une solution, tâche qui s’avère fort difficile pour les enfants mais qui les motive de manière admirable : ils lisent et comprennent de petits textes en allemand, recherchent les informations importantes, utilisent leur glossaire de manière active, font des hypothèses…

Nous terminons le memory et en cherchons la solution ensemble.

Nous recevons la solution du memory par message et collons les photos sur les textes écrits par les enfants avant de les afficher dans la salle EMAI.

De nouveaux messages…

Entre-temps, nous avons reçu de nouveaux messages : quelques questions posées en français pour presque chacun des enfants de même que quelques messages en allemand auxquels nous répondons par e-mail.

 

Liebe Antigona
Könntest du mir vielleicht deine Adresse geben?
Meine Adresse...
Liebe Grüsse
        Nadia

Hallo Crystel
Schickst du mir deine Adresse?
Meine Adresse lautet...
Liebe Grüsse

        Carlina

 

Rédaction des réponses aux questions : chaque élève formule ses réponses en français sur une feuille de brouillon, correction, mise en forme informatique, correction et envoi.

Nous réalisons les portraits de nos correspondants d’après les descriptions en allemand qu’ils nous ont envoyées avec le memory. Chacun essaie de comprendre seul le texte allemand (avec l’aide du dictionnaire par exemple !).

Arrêt sur image

Voilà où nous en sommes en cette fin de mois de février. Mais le travail n’est pas terminé pour autant: nous avons encore plus d’un tour dans notre sac !

Voici le programme pour les prochaines semaines :

Prolongements…

Les activités arrivent au fil des jours, rien n’est prévu à l’avance, mais nous ne manquons jamais d’idées !

La suite de l’aventure vous sera présentée dans les semaines à venir.
Alors, revenez nous voir !


De nouvelles compétences...

Au fil des jours et des activités, je remarquai avec joie et stupéfaction que les enfants intégraient vraiment la matière enseignée et ceci, non seulement grâce aux exercices et au travail effectués en classe ou à la maison, mais surtout - je pense - parce qu'ils "vivaient" l'allemand au quotidien.

Les activités étaient souvent menées via internet et je pense que cela fut aussi une composante importante du succès de leur apprentissage. Je fus surprise de constater que même les moins doués étaient capables de composer un texte entièrement en allemand et cela en quatrième année primaire déjà (première année de découverte de la langue partenaire).

Bien sûr, il s'agissait là de connaissances très basiques, mais ce qui était formidable, c'était de les voir fonctionner en classe: il était rare qu'ils viennent me dire qu'ils ne savaient pas ceci ou cela, ils avaient développé de fantastiques stratégies pour se débrouiller seuls.

Plus besoin d'insister afin que les moyens de références soient utilisés: tous les enfants le faisaient de manière naturelle. Les interactions entre élèves étaient elles aussi favorisées: les plus vifs aidaient les plus lents. Et, sommet du blues, les enfants n'avaient plus peur de s'exprimer dans une autre langue. Jamais je n'entendis: "Mais maîtresse, je ne sais pas comment...". Chacun essayait, s'exprimait, écrivait et je me contentais de jouer le rôle de grand aiguilleur (les petits étant le livre d'allemand, le lexique, le dictionnaire et les enfants eux-mêmes)...

Le combat contre l'allemand était gagné: l'ennemi ancestral enseigné dans les "Wir sprechen Deutsch" et autres était devenu un ami et un moyen de communiquer avec l'autre, celui qui habite de l'autre côté de la frontière des pommes de terre râpées et rôties!!!!

Karine Aeby